Maurice, ça reste vague mais bon. Fin décembre, Maurice me dit que c’est ok, j’organise un peu mon voyage en fonction du tournage. Mais voilà : hier, Salif m’explique qu’il a envoyé à Maurice un mail resté sans réponse. Il lui expliquait le problème de coproduction, le fait qu’il y avait déjà un photographe de plateau, etc. Non seulement Maurice m’a caché tout cela, prétendant même ne rien savoir du film – histoire, etc. –, mais en plus il m’a dit que tout était bon. J’aurais le gîte et le couvert. De surcroît, il n’a pas parlé de mon projet de reportage sur le cinéma Africain ! Résultat : le jour de mon arrivée à Ségou, j’étais loin d’être attendu ! D’autant que Maurice avait filé à l’hôpital.

Hier soir – dimanche –, j’ai perdu toute empathie pour le convalescent. Papou, l’assistant régie m’apprend que demain, ma chambre doit être occupée. Soit, il va falloir que je change de pièce ? Non ! je suis dehors. Comprendre : rien de ce que Maurice ne m’a proposé ne marche. Il aura fallu que je m’arrange avec la production pour faire les photos, que j’arrive « au bon moment » pour avoir un lit. À l’heure qu’il est, j’en veux énormément à Maurice.

Au téléphone, Lise-Marie m’explique que sans cela, je n’aurais pas pris le temps de m’arrêter à Bamako pour le Forum Social Mondial, que je n’aurais donc pas passé ma première publication dans Libé. Soit, mais Monsieur Maurice Kaboré peut rêver pour que je l’en remercie.

Je comptais repartir pour le Burkina Faso samedi prochain. Je vais écourter mon séjour ici, quitter au plus tôt, en fonction des photos que j’aurais pu faire. Ce soir, Hawa me loge dans sa chambre, c’est gentil.

Mais tout n’est pas si mauvais : le soir, Modibo, l’un des acteurs, apprenait quelques accords à un étudiant de la Cerfitex – nous logeons dans une école de textile. Malgré l’appel de ma compagne, j’avais toujours un peu le cafard alors je me suis posé devant. Passent quelques minutes puis : pause. Modibo me demande si je joue. J’en rêvais ! « oui » et hop, petit bœuf de plus d’une heure ! très mal aux doigts, ça faisait un bail, mais quel pied ! Pour un temps, le bambara ne m’isolait plus !

Mais aujourd’hui, je suis dehors, il faut rendre la clé. Papou m’a trouvé une place en ville chez un ami. Tout s’arrange ! Quant à Abdou, dont j’ai parlé avant, il me met en relation avec des amis au Burkina. Et Maurice ? il me passe le bonjour, paraît-il. Sacré Maurice…