Regards d'Afrique

Catégorie : Afrique

Do you speak English? Aaron Rowe : premiers jours à Lagos

dimanche 26 novembre 2006

Alors qu'il m'arrive de réfléchir au meilleur moyen de faire un tour au Nigeria pour y découvrir son cinéma, enfin : sa vidéo, d'autres y travaillent déjà.

View of Bar Beach on Victoria Island, Stuck in a traffic jam due to a contra flow on the road. The road is being rescued from falling in the sea and the contractors say they are making a permanent solution to the problem. We'll see... / photo Aaron Rowe

Zoul a loupé le coche pour cette fois-ci, mais Aaron Rowe (la photo est de lui) travaille depuis 6 ans à Lagos.

Pour ce sixième anniversaire, il a décidé de publier sur son blog le journal qu'il a tenu jour après jour dès son arrivée à Lagos. La lecture vaut le coup ! C'est passionnant comment il est passé du petit blanc débarqué à celui qui connaît un peu…

Mauvaises ondes ? des animateurs de radio Kayira en tôles (Mali)

lundi 28 août 2006

À Niono (au Nord de Bamako, Mali), il ne fait manifestement pas bon être animateur radio : 6 animateurs ont été placés en garde à vue et la radio a été fermée !

Présentation de l'affiche du Forum Social Mondial à Bamako / photo Antoine Doyen

Photo : Présentation de l'affiche du Forum Social Mondial à Bamako par un animateur de Kayira à Bamako en janvier dernier.

Les chefs d'inculpations ? "Détournement de biens publics et désobéissance physique" ! Les raisons ? Interdiction d'émettre non acceptée par la radio liée au SADI (parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance) dont fait pourtant partie le ministre de la culture, M. Cheick Oumar Sissoko.

Le procès est pour demain. Mais pas la liberté d'expression en Afrique...

Plus d'infos :

EDIT et voici comment Claudine résumait la situation hier soir... :

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Se repérer ?

mardi 9 mai 2006

J'ai beaucoup appris sur la géographie mondiale avec ce reportage sur le cinéma en Afrique.

L'Afrique en 1829 / Perry-Castañeda Library Map Collection

Je ne résiste donc pas au plaisir de vous faire partager cette section du site de l'Université d'Austin (Tx). Il m'a beaucoup servi jusqu'à maintenant.

Vous y trouvez un sacré paquet de cartes du monde, plus ou moins précises, dans toutes sortes de format.

Une bonne adresse pour éviter de situer le Burkina Faso en Afrique centrale ou l'Angola à côté de la Tunisie !

Dans le vacarme de Cotonou.

samedi 4 mars 2006

Comme je ne suis pas forcément un fils indigne en dépit de tous mes défauts, je suis allé braver ce matin la moiteur de Cotonou, le vacarme et la pollution de ses zémidjans (motos-taxi).

Les zemidjans dans la circulation agitée de Cotonou / photo Antoine Doyen

Où allais-je ? au Centre artisanal, car je sais bien qu'en France, on attend que je ramène deux, trois trucs. Cette année, j'ai décidé de ne pas être sauvage dans le marchandage, et de respecter un minimum le prix des choses. De beaux tissus, quelques petits objets sympathiques... j'ai choisi de ne pas être trop radin sans pour autant être dispendieux parce que euh, bon, voilà, vous pouvez m'aider via paypal si vous voulez :D ah ah

Achat non prévu, ces très jolis cadres que j'avais déjà vus l'an dernier chez M. Koffi, le gérant de mon auberge, L'Ancrage de l'océan. Deux attaches en ébène de part et d'autre de la photo retenue par deux vitres superposées. C'est de très bon goût, et je suis tombé un peu par hasard sur le sculpteur au marché de l'artisanat. Je voulais les utiliser pour l'expo qui aura lieu à Bruxelles en avril, et j'ai donc appelé Aurore Engelen qui s'occupe un peu de tout, là-bas. Malheureusement, elle m'a confirmé que les murs étaient un peu "classiques", et surtout peints d'une couleur qui rend risqué l'usage de cadres transparents. Alors tant pis, j'en ai pris quelques-uns pour ma pomme et je garde tout cela en mémoire pour une prochaine expo ! Surtout si celle-ci trouve l'opportunité de voyager en Afrique, ce que je recherche depuis le début. Le Fespaco serait une bonne occasion, mais il y en aura sûrement d'autres...

Atmosphère.

jeudi 2 mars 2006

Je ne sais pas bien à quand remonte ma lubie, je sais juste que j'ai toujours bien aimé garder un exemplaire de mes photos d'identité. En Thaïlande, j'ai pris plaisir à m'en faire faire, et avant de partir de Ouaga, rebelote !

Dans le studio photo de Zim, à Natitingou au Bénin / photo Antoine Doyen

Tout à l'heure, je suis allé chez Zim, dans son studio situé dans la rue de l'hôtel Tata Somba. Je me suis fait tirer le portrait de manière assez rigolote : Zim m'a assis, puis sans trop rien dire, il a pris ma tête des deux mains pour la positionner selon son bon vouloir ! Amusant. Je récupère les clichés à midi. Hâte de voir ce que ça donne, sur un fond de velours rouge.

Guide touristique & près carré.

lundi 20 février 2006

Tout arrive ! J'ai retrouvé ce dont je voulais parler, d'ailleurs, c'est quelque chose qui n'en finit pas de m'étonner. Vous connaissez le Guide du Routard ? La bible soixantuitarde du voyageur en goguette qui voudrait se donner des airs d'aventurier ?

Vendeur de lunettes ambulant dans le quartier Dapoya à Ouagadougou / photo Antoine Doyen

Il y a un peu plus d'un an, fin 2004, j'estimais que c'était la référence. Je ne connaissais pas grand chose, Lonely Planet, j'en avais à peine entendu parler... Alors j'ai filé à la F*** m'offrir un guide, à l'époque, c'étaient le Bénin et le Burkina. Quel titre faut-il chercher, au Guide du Routard ? Afrique Noire.

Sauf que l'Afrique noire du GDR est drôlement franchouillarde. On ne va pas dire que ce guide se la joue colon, mais enfin, on a le droit de rire : que des pays francophones, et encore ! Jugez plutôt : d'abord, ni Sénégal, ni Cameroun, et ne parlons pas de la Côte d'Ivoire... Bref, on se contentera du Burkina, du Bénin, de la Mauritanie, du Togo, du Mali et du Niger. Ailleurs ? J'imagine que l'Afrique n'est plus suffisamment noire... et pas assez francophone.

Le guide Afrique de l'Ouest, chez Lonely Planet, est plus honnête : on ne parle pas d'une Afrique noire et, malgré l'aspect rock'n'roll du Nigeria, par exemple, il n'oublie pas pour autant ce grand pays. Bref, l'Afrique de l'ouest se résume à... l'Afrique de l'ouest. Et pas seulement à une poignée de pays qualifiés pour leur accueil touristique. Ouf.

Je n'achèterai plus le Guide du Routard pour ce genre de périple. Ils ne sont même pas foutu de nous expliquer clairement comment passer d'un pays à l'autre, du moins pas toujours.

Aujourd'hui, rien.

jeudi 16 février 2006

Ce matin, j'étais parti pour assister au tournage de Boubakar Diallo. Premier jour, ça se passait tranquillement dans les locaux de la prod, rendez-vous à 7h pour l'équipe, Hamidou me conseille de ne passer qu'à 8h.

Le ciel de Ouagadougou au Burkina Faso / photo Antoine Doyen

Mais ce matin, non, pas facile de me lever. J'ai passé la nuit, du moins : une bonne partie, en sueur et ce matin, malgré une volonté certaine d'aller voir là-bas si j'y étais, j'ai préféré rester allongé... la chaleur revient. Petit à petit, le Burkina va se transformer en four, et ça va aller crescendo jusqu'au mois d'avril, le pire ! si j'ai bien compris.

Depuis que je suis arrivé, j'ai senti la lente évolution du climat. Les premiers jours, petites nuits "fraîches" et puis, petit à petit... hier, 34, 35 degrés. Le soleil qui tape un peu. Aujourd'hui, un peu moins, je me suis donc levé vers 8h, pris ma douche à 9h, petit moment de fraîcheur et puis... finalement, pas de tournage pour moi, mais la transcription de l'entretien que j'ai eu avec Boubakar. J'ai désormais 22 pages d'interview, restent encore celles d'Adama et Idrissa Ouedraogo – interrogés hier – à taper, ça promet.

Aujourd'hui, finalement, je devais voir le critique Clément Tapsoba pour échanger, Adama pour faire une photo de jour. Finalement, je ne suis pas parvenu à joindre le premier et, quant au second, il était pris par les rendez-vous.

Mais je n'ai pas oublié le texto de Zakaria, hier soir. Et donc : 19h, je vais voir comment ça se danse à Emergence, à nouveau. Ce soir : 80,30, un film sur la campagne de Blaise Campaoré. Je doute qu'il ait le caractère "gênant" du film de Depardon sur Giscard, mais ce sera peut-être l'occasion de comprendre l'attachement qu'ont les Burkinabés pour leur président.

20 euros par mois.

samedi 11 février 2006

D’après mes calculs savants, Ousmane ne gagne guère plus de 20 euros par moi, mettons : 15000 CFA.

Ousmane, vendeur de vélos bicyclettes en fil de fer à Ouagadougou / photo Antoine Doyen

Hier matin, après mon rendez-vous chez Zakaria, je passe à nouveau dans le quartier Dapoya, dans la rue qui mène au rond-point des Nations Unies. Là, je me fais littéralement sauter dessus par des vendeurs de cartes postales. Six à huit gars qui veulent tous me vendre les mêmes cartes. Je commence par dire « non » mais, en même temps, la famille, les grands-mères… j’en connais qui seraient mécontent de ne rien recevoir. Y’a même Fred qui réclame. C’est dire. Je prends 5 min., j’en prends deux à chacun pour un total de dix – bravo ! vous avez compté que tout le monde n’a pas vendu… – et j’essaie de filer, c’est sans compter sur un vendeur de bracelet qui était là depuis le début. Il insiste pour me fourguer sa marchandise que je ne trouve même pas très belle, tant et si bien qu’il finit vraiment par m’énerver puisque, malgré mon refus clair et net, il me poursuit jusqu’au cyber : « Ã©coute, tu m’ennuies, là : ça ne m’intéresse PAS. » Il faut que je rentre dans le centre pour qu’il me lâche enfin, je crois qu’il l’a mal pris. Et moi, je suis énervé. Je n’aime pas ça et vous le savez : j’ai mauvais caractère.

Petite vérification des mails, je sors, on me propose des vélos en fil de fer. C’est bien joli mais ça va pas être possible. Ouf ! Lui, il est moins tenace. J’ai faim, je continue la rue dans la direction de « ma » cour et je m’arrête à un maquis. Là, même pas arrivé : « salut, mon pote, machin, etc. », autant dire : la phrase classique du mec qui va tenter de me fourguer un truc. Et là : « non ! désolé, j’achète rien, merci ! » Je suis un peu agressif, le mec commence à me faire la morale et moi, je suis partagé entre une certaine gêne de m’être énervé et un profond agacement vis-à-vis d’un gars dont je sais pertinemment qu’il allait me fourguer un truc. Bref, je me casse.

Et là, je retrouve mon vendeur de vélo ! Je lui dit : « ah non ! » mais là, il commence son laïus, comme quoi il ne cherche pas à vendre, juste à me connaître… J’ai du mal à saisir mais bon, peu importe, il a le mérite de ne pas être agressif et la conversation s’engage. Tant et si bien qu’il me raconte comment ça se passe pour lui.

Ousmane, c’est son nom, au début il a 22 ans. Et puis il me parle de sa date de naissance, le 4 février… En 1979. Alors il se dit qu’il a plutôt 25 ans, même si je finis par me rendre compte qu’il a plutôt 27 ans. Je lui demande combien il arrive à vendre ses vélos, pas trop moches, il me répond que ça va dans les 3000 cfa, et sa plus grosse vente, c’est un lot de deux pour 5000 cfa, avec un Américain. Oui, il ne sait guère compter mais comme on continue de parler, je paie 1000 balles de mouton grillé dont j’ai du mal à reconnaître les parties, puis un riz sauce à 300, je partage le tout avec lui, puisqu’il me répète à l’envi qu’il a besoin de manger. Au final, des vélos, il n’en vend pas tous les jours : trop de vendeur. Et des méthodes pas très efficaces, me gardé-je de lui dire. Mais je comprends qu’il en vend cinq six par moi, des vélos, et c’est pas bézéf. Je finis par lui en acheter un à 2000, sûrement le plus cher que j’aie payé. Mais il mets deux heures à en fabriquer un, alors je crois que je suis encore loin de la « vraie » valeur de son travail. Ça vaut ce que ça vaut : je lui conseille à tout hasard de rajouter deux trois petits détails sur ses vélos pour faire la différence avec les autres vendeurs. Genre des pneus avec un bout de caoutchouc, etc… Photo, on se dit au revoir, je lui laisse mon mail puisqu’il va s’en créer un et je file prendre le thé dans la cour.

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